À 90 et 95 ans, Jeannine et Jacques, les sages cultivateurs de Saint-Brieuc, continuent de récolter leurs jardins familiaux avec passion

Mathieu Blanc · 11 août 2026 · 4 min read · 759 words

À 90 et 95 ans, Jeannine et Jacques Petit cultivent toujours leur parcelle aux jardins familiaux de Saint-Brieuc. Ces deux doyens, installés quartier de Cesson, entretiennent une trentaine de mètres carrés de légumes avec une énergie communicative. Une véritable leçon de vie.

Jeannine et Jacques, doyens passionnés des jardins familiaux de Saint-Brieuc

Depuis quinze ans, le couple se rend chaque semaine sur sa parcelle. Une habitude bien ancrée qui rythme leur quotidien. Jeannine et Jacques ne comptent pas s’arrêter de sitôt.

« Ça nous fait une activité, on est en pleine nature et on mange des légumes sains », confie Jeannine. Son mari acquiesce, appuyé sur sa canne. Jardiner les maintient en forme et leur procure un plaisir intact.

Le jardinage, un remède contre l’isolement des personnes âgées

Au-delà de la culture, c’est le lien social qui anime nos deux cultivateurs. « Quand on est âgé, on a tendance à s’isoler. Ici, on fait des rencontres et on discute, l’ambiance est vraiment sympathique », assure Jacques.

L’entraide est omniprésente. Les plus jeunes jardiniers viennent préparer la terre, les plus anciens partagent leurs conseils. Jeannine raconte en riant : « Le petit jeune qui vient d’obtenir sa parcelle a planté ses premières tomates. Il n’avait pas enlevé les gourmands alors je lui ai montré comment faire. »

Cette transmission du savoir est précieuse. Elle crée des liens intergénérationnels forts et fait vivre la communauté des jardins. Un bel exemple d’agriculture urbaine nourrie de solidarité.

Un engagement profond pour la nature et l’environnement

Jacques n’est pas un jardinier ordinaire. Il fait partie des fondateurs de VivArmor nature, anciennement Groupe d’étude et de protection de la nature. Avec quatre autres naturalistes, il s’est battu pour obtenir le titre de Réserve naturelle nationale de la baie de Saint-Brieuc.

Le couple reste bénévole et participe aux réunions de l’association. Ils suivent l’évolution de la faune et de la flore locales. Une passion qui les anime depuis toujours.

Un parcours de vie consacré à la protection du vivant

Jacques a terminé sa carrière dans les laboratoires de la station avicole de Ploufragan. Jeannine, elle, était fleuriste à Quintin. Leur amour pour la nature est né il y a bien longtemps.

Jusqu’à leurs 80 et 85 ans, ils possédaient un potager à Saint-Brandan, sur un terrain d’un demi-hectare. « On en a fait pour la nature », résume Jacques avec fierté.

Installés aujourd’hui en appartement à Saint-Brieuc, ils ont d’abord vécu ce changement comme un choc. « J’ai directement dit à mon mari : il me faut mon jardin », s’exclame Jeannine. Sa détermination était sans faille.

Face à la sécheresse, une récolte éprouvante mais une passion intacte

Cette année, l’eau a cruellement manqué. « C’est la crise de l’eau. Les cuves sont vides », déplore Jeannine. Pour la première fois, ils n’ont plus de quoi arroser leurs plantations.

Le couple doit ramener l’eau de leur domicile. Malgré le paillage pour limiter l’évaporation, les légumes souffrent. La récolte de choux et de haricots a été maigre. Seules les pommes de terre ont bien donné.

« C’est l’été le plus sec qu’on ait jamais connu. Tout est cramé », lance Jacques, impuissant. Jeannine se souvient de sa jeunesse : « Les saisons étaient marquées. On chantait : Printemps, été, automne… Aujourd’hui, les étés sont longs. »

Le potager, une source de fierté au quotidien

La rhubarbe de Jeannine continue de finir en confitures maison. Les artichauts, tomates, salades et haricots trouvent toujours leur place sur la parcelle. Rien ne freine l’enthousiasme de ces deux passionnés.

Leur casse-croûte du midi se déguste souvent sur les tables collectives, face à la réserve naturelle. Un moment de calme que rien ne remplace.

Jacques Jardinas, espoir du quartier, n’en revient pas de leur énergie. À 95 ans, son voisin surveille encore la croissance de chaque plant. Une endurance qui force le respect.

Les deux doyens attendent une seule chose : la pluie. Ils ne seront soulagés qu’à ce moment. Mais une certitude demeure : ils reviendront la semaine prochaine, comme depuis quinze ans.

Jeannine et Jacques montrent que la passion ne se retire jamais. Leur histoire inspire les nouvelles générations de cultivateurs urbains. Leur parcelle reste un symbole vivant de l'agriculture de proximité à Saint-Brieuc.